Londres – Le 11 juillet, le gouvernement français a interdit au directeur général de CAGE, Muhammad Rabbani, l’entrée et le séjour en France. Cette interdiction fait suite à un discours très critique prononcé par Rabbani lors d’une conférence organisée par l’OSCE en 2022, dans lequel il dénonçait l’islamophobie d’État et la politique d’”entrave systématique” du gouvernement français [1]

CAGE examine depuis longtemps les politiques françaises intéressant les musulmans et leur liberté de pratiquer leur foi. Dans le cadre de coalitions internationales, nous avons soumis à l’UE et au Conseil des droits de l’homme de l’ONU des plaintes, soutenues par des preuves substantielles, concernant la persécution des musulmans par la France [2][3]. Notre rapport de 2022 a été le premier à affirmer qu’il existe une persécution islamophobe déployée par l’État. [4]

Muhammad Rabbani est arrivé à Paris pour un voyage de trois jours, au cours duquel il devait rencontrer des médias français et des leaders de la société civile. Il a été arrêté dans un commissariat peu après son arrivée à Paris, puis transféré dans un centre de détention pour migrants. Il a été détenu pendant près de 24 heures et s’est vu refuser l’accès à ses appareils électroniques pendant la majeure partie de cette période. 

Pendant sa période de détention, Rabbani a été interrogé par la police à l’aéroport, puis au centre de détention pour migrants et enfin à l’aéroport avant son retour au Royaume-Uni. Rabbani a également été interrogé par un fonctionnaire du ministère français de l’Intérieur. À son arrivée au Royaume-Uni, il a été retenu à l’aéroport de Gatwick pendant une heure supplémentaire. 

Muhammad Rabbani, directeur général de CAGE, a déclaré :

“La France m’a interdit d’entrée et de séjour en réponse à un discours que j’ai prononcé à l’OSCE en septembre dernier, dénonçant sa politique d’”entrave systématique”. CAGE a surveillé la mise en œuvre raciste de cette stratégie punitive et la manière dont elle cible les citoyens musulmans. 

Le gouvernement français est clairement menacé par une ONG lui demandant de rendre des comptes sur ses pratiques. Bannir un activiste musulman, défenseur des droits humains, relève de l’islamophobie dont ils s’offusquent d’être accusés”.

 

(NOTE: CAGE represents cases of individuals based on the remit of our work. Supporting a case does not mean we agree with the views or actions of the individual. Content published on CAGE may not reflect the official position of our organisation.)